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HistoiresLa psyché

La psyché

miroir, regard, désir, confiance

environ 13 minutes de lecture. Piment : Pimenté. Rédaction Absoloo.

La psyché était arrivée dans une couverture de laine, portée par deux hommes du déménagement et accueillie par Mathilde avec une inquiétude de propriétaire devant un animal trop grand. Elle occupait maintenant le milieu de la chambre, appuyée contre le mur, ses colonnes de bois sombre piquées de petites feuilles sculptées. Le miroir avait vécu avant elle. Il gardait une légère buée dans l’argent, près du bord inférieur, et une tache plus claire au-dessus, là où une ancienne lampe avait dû l’éclairer pendant des années.

Mathilde Renard, trente-deux ans, illustratrice indépendante, payait un loyer parisien qui lui rappelait chaque mois la nécessité de vendre ses dessins. Guillaume Chevalier, trente-quatre ans, chef de rang dans un restaurant gastronomique, rentrait tard, les épaules droites malgré les heures passées à porter des assiettes et à surveiller des tables. Ils avaient des habitudes d’adultes : les factures dans une chemise bleue, les draps changés le dimanche, une liste de courses aimantée sur le réfrigérateur. Ce soir-là, la chambre était rangée avec une application suspecte.

Guillaume posa les deux mains sur le haut du cadre.

« Tu tiens le pied ? »

« Je tiens le pied. Je suis illustratrice, pas décoratrice, mais je vais tenter cette aventure. »

« Il y a un réglage à l’arrière. »

« Très bien. Une psyché avec mode d’emploi. Le progrès est partout. »

Il souleva légèrement le miroir pendant que Mathilde déplaçait la base de quelques centimètres. Le parquet craqua. Le cadre pencha vers eux, puis revint à sa place. Dans la glace, leurs silhouettes apparurent ensemble, déformées par l’inclinaison : Guillaume en chemise blanche, Mathilde en pantalon noir et pull gris, leurs têtes coupées par le bord supérieur.

« Trop haut », dit-elle.

« Le miroir ou moi ? »

« Pour l’instant, le miroir. Ne prends pas d’avance. »

Elle s’accroupit, ajusta la petite molette de cuivre et demanda à Guillaume de pousser le haut du cadre. Il obéit sans parler. Le reflet descendit. Cette fois, leurs épaules, leurs ventres et leurs jambes entrèrent dans le champ.

Mathilde s’assit sur ses talons.

« C’est étrange. »

« Quoi donc ? »

« On voit la chambre deux fois. Ça donne envie de vérifier si le lit existe vraiment. »

Guillaume tourna la tête vers elle, puis vers le miroir.

« Le lit existe. J’ai vérifié en changeant les draps. »

« Tu es un homme de méthode. »

« Chef de rang. La méthode évite beaucoup de catastrophes. »

Elle se releva. Elle portait encore ses boucles d’oreilles, deux petits anneaux dorés, et ses cheveux retenus par une pince. Dans le miroir, elle se vit entière. Elle n’aimait pas cette sensation. D’habitude, elle dessinait un poignet, une nuque, la courbe d’un genou. Elle choisissait le détail, le cadrage, le moment. La glace, elle, ne demandait aucune décision.

« Je veux essayer quelque chose », dit-elle.

Guillaume attendit.

« Tu m’enlèves mes vêtements devant le miroir. Lentement. Tu me décris ce que tu vois dans la glace. Et si je dis « rideau », on couvre la glace et on arrête, sans explication. »

Il ne sourit pas. Cette absence de plaisanterie la toucha davantage qu’une phrase brillante.

« D’accord. Rideau. »

« Et tu ne commentes pas tout de suite. »

« Je vais devoir faire preuve d’une discipline remarquable. »

Elle leva un doigt.

« Guillaume. »

« Je me tais. »

Mathilde se plaça devant le miroir, légèrement de biais. Elle gardait les bras croisés, non pour se cacher tout à fait, plutôt pour retarder le début. Guillaume s’approcha derrière elle. Son reflet rejoignit le sien, plus grand, sa chemise blanche ouverte au col.

Il posa une main sur sa hanche.

Il glissa ses doigts sous l’ourlet de son pull et le remonta lentement. La laine passa sur ses côtes, sur ses épaules, puis resta froissée entre leurs mains. Mathilde regardait la glace de côté. Son ventre se contracta, non de peur, mais à cause de la précision du geste. Guillaume ne tirait pas. Il attendait chaque mouvement de ses bras.

Quand le pull fut retiré, il le déposa sur la chaise près du lit.

« Je vois ton dos, ta nuque, et ta main gauche qui serre l’autre poignet », dit-il.

« Je vois que tu as bien retenu la consigne. »

« Tu veux que je continue ? »

« Oui. »

Il défit le premier bouton de son chemisier, puis le second. Le tissu s’écarta sur sa poitrine. Dans la glace, Mathilde vit son soutien-gorge sombre, la peau de son ventre, la petite cicatrice près de sa hanche. Elle avait oublié cette cicatrice. Guillaume, lui, ne l’oubliait jamais.

« Je vois une femme qui essaie de se tenir très droite », dit-il. « Ses épaules sont magnifiques, mais elle les tient trop haut. »

Mathilde expira.

« C’est une description ou un reproche ? »

« Une observation. »

« Continue l’observation. »

Il ouvrit le dernier bouton. Sa chemise glissa le long de ses bras. Guillaume la rattrapa avant qu’elle tombe, la plia sur le dossier de la chaise, puis revint vers elle. Son regard passa par le miroir avant d’atteindre son corps.

« Je vois tes seins sous le tissu. Le gauche est un peu plus haut. Je vois ton ventre qui se creuse quand tu respires. Je vois tes cuisses serrées. »

Mathilde regarda enfin la glace de face.

Son visage lui parut différent. Pas plus beau, pas plus lisse. Plus présent. Elle n’y cherchait plus le défaut qui l’aurait distraite. Elle suivait les gestes de Guillaume dans le reflet, la manière dont ses doigts s’approchaient sans précipitation, la ligne de son poignet lorsqu’il défaisait son pantalon.

« Tu as le droit de dire ce que tu vois sur toi aussi », dit-elle.

Il se plaça derrière elle, sans la toucher.

« Je vois un homme qui a mis une chemise repassée pour une soirée qui ne demandait pas de chemise repassée. »

« C’est très émouvant. »

« Je vois aussi que je suis déjà au mauvais endroit dans le miroir. »

Mathilde se tourna vers lui.

« Où voudrais-tu être ? »

« Là où tu me regardes. »

Elle posa sa main sur son torse. Il avait encore sa chemise, mais les boutons ouverts laissaient voir sa peau et les poils sombres qui descendaient vers son ventre. Mathilde défit les boutons restants. Elle prit son temps à son tour. Chaque morceau de tissu retiré créait dans la glace un espace nouveau : son épaule, ses pectoraux, la courbe de son dos quand il se penchait pour déposer la chemise.

« Je vois un homme qui sait porter trois assiettes sans trembler », dit-elle.

Elle posa la bouche sur son épaule. Le miroir leur renvoya son visage contre sa peau et les mains de Guillaume sur ses hanches.

« Je vois que tu trembles un peu quand je t’embrasse ici. »

Elle descendit la fermeture de son pantalon. Guillaume passa une main dans ses cheveux, puis la laissa guider le mouvement. Son pantalon rejoignit celui de Mathilde près de la chaise. Ils restèrent en sous-vêtements, face à la glace.

Mathilde observa son propre corps sans le corriger. La dentelle de son soutien-gorge, le bord de sa culotte, ses genoux légèrement tournés vers l’intérieur. Guillaume posa ses paumes sur son ventre et ses pouces sous ses côtes.

« Tu es très belle dans le miroir », dit-il.

« Tu peux dire autre chose que belle. »

« Tu es attentive. Tu regardes tout. Tu sais déjà ce que tu voudrais dessiner. »

Elle rencontra ses yeux dans la glace.

« Et toi ? »

« Je voudrais dessiner la façon dont tu changes de respiration quand je te touche. »

Le mot resta entre eux, plus précis que flatteur. Mathilde passa derrière lui. Elle posa ses lèvres sur sa nuque, puis ses mains sur son ventre. Dans le miroir, elle vit ses doigts ouvrir le tissu de son boxer et s’arrêter.

Elle le déshabilla sans quitter son reflet. Guillaume ferma les yeux lorsqu’elle l’embrassa au creux de l’épaule. Mathilde regarda son visage se modifier, la mâchoire qui se desserrait, la bouche qui s’entrouvrait. Elle avait souvent dessiné des modèles imaginaires. Ce soir-là, elle comprit que le visage aimé était un modèle qui répondait.

« Tu me regardes vraiment », murmura-t-il.

« Je vérifie les proportions. Il y a un défaut. Tu es trop loin. »

Dessin : Dans une chambre, un homme assis sur le lit regarde une femme aux épaules découvertes, drapée de violet, qui se contemple dans un miroir.

Guillaume s’assit au bord du lit. Mathilde resta debout entre ses genoux. Dans la glace, leurs corps se rejoignaient par morceaux : sa main sur la nuque de Guillaume, la bouche de Guillaume contre son ventre, les doigts de Mathilde dans ses cheveux.

Elle posa les mains sur ses joues et releva son visage.

« Regarde-moi dans le miroir. »

Il obéit.

Mathilde s’agenouilla sur le lit, tournée vers la glace, et écarta doucement les genoux pour lui laisser place derrière elle. Guillaume monta à son tour. La couverture se froissa sous leurs genoux. Il posa une main sur sa hanche, l’autre sur son ventre. Elle guida son sexe vers elle, et il entra en elle lentement, jusqu’au fond, pendant qu’elle gardait les yeux fixés sur leur reflet.

Le premier mouvement les fit taire.

Mathilde vit son visage se tendre, puis s’ouvrir. Elle vit la main de Guillaume glisser de sa hanche jusqu’à sa cuisse. Sa propre bouche s’entrouvrit dans la glace. Elle ne se reconnaissait pas encore, mais elle ne détourna pas les yeux.

« Là », dit-elle.

Guillaume recommença au même rythme.

« Plus lentement. »

Il ralentit. Elle posa sa main sur la sienne et l’emmena plus haut, sous sa poitrine. Ses doigts rencontrèrent la dentelle, puis la peau. Mathilde redressa le dos pour sentir sa paume la soutenir.

« Regarde ce que tu fais », dit-elle.

« Je regarde. »

« Non. Regarde-moi. »

Dans le miroir, leurs yeux se trouvèrent. La chambre derrière eux semblait plus profonde, mais tout ce qui comptait tenait dans le cadre : le visage de Guillaume près de son épaule, ses bras autour d’elle, le mouvement de leurs hanches.

Elle avait imaginé cette scène avec les réflexes d’une dessinatrice. Elle avait pensé aux contours, à la lumière, au bois du cadre. Elle n’avait pas prévu le bruit du matelas, ni la chaleur de la paume sur son ventre, ni cette façon que Guillaume avait de s’arrêter dès qu’elle changeait de rythme pour reprendre exactement là où elle le désirait.

« Tu es très concentrée », murmura-t-il.

« Je travaille. »

« Sur quoi ? »

Elle attrapa sa main et la pressa contre elle.

« Sur moi. »

Il embrassa son épaule. Mathilde arqua le dos. Dans la glace, son corps avançait vers lui, et cette image lui donna davantage d’assurance. Elle se vit prendre la place, demander avec ses gestes, orienter ses hanches, ouvrir la bouche sans chercher à rendre son visage convenable.

« Oui », dit-elle.

Guillaume l’embrassa dans le cou.

« Encore. »

Elle posa ses doigts sur le bois du lit. Le miroir renvoyait ses bras, ses seins, les cheveux défaits autour de son visage. Elle ne pensait plus à une pose. Elle suivait les sensations, les changements minuscules : la pression de son ventre contre celui de Guillaume, la chaleur de sa bouche, la peau de sa cuisse sous sa main.

« On garde ? » demanda-t-il à voix basse.

Mathilde le regarda dans la glace.

« Oui. On garde. »

Il l’embrassa avec plus d’élan. Elle se retourna à demi pour prendre sa bouche, puis revint face au miroir. Leur mouvement devint plus régulier. Guillaume soutint ses hanches. Mathilde posa une main derrière elle, trouva sa nuque et l’attira contre son dos.

Elle le voyait jouir avant de sentir son propre plaisir arriver. La bouche de Guillaume s’ouvrit, ses yeux se fermèrent, puis se rouvrirent avec une attention presque étonnée. Son front se couvrit d’une fine humidité. Ses doigts se crispèrent sur ses cuisses.

Elle serra les cuisses autour de lui.

« Regarde-moi », dit-il.

Elle regarda.

« Je te regarde. »

Son ton avait changé. Il n’y avait plus de plaisanterie pour se protéger, plus de commentaire sur les vêtements ou la technique. Elle parlait depuis le centre de ce qu’elle ressentait.

« Ne baisse pas les yeux. »

Guillaume les garda ouverts.

Mathilde sentit son plaisir se resserrer en elle, précis, rapide, impossible à négocier. Elle prit la main de Guillaume et la posa sur sa poitrine. Ses doigts se refermèrent autour de son poignet.

« Oui. Là. Encore. »

Il suivit son rythme. Elle vit son visage dans la glace au moment où elle jouit. Sa bouche forma son prénom. Son corps se tendit contre lui, puis trembla longuement. Elle s’accrocha à son bras, les yeux ouverts sur ce reflet qu’elle avait tant évité.

Guillaume resta contre elle, immobile quelques secondes, le visage enfoui dans ses cheveux. Mathilde respirait fort. Elle posa sa paume sur le miroir. La surface était froide sous ses doigts.

« Tu as vu ? » demanda-t-elle.

« Tout. »

« Je n’avais pas cette tête-là. »

« Tu avais exactement cette tête-là. »

Elle se retourna enfin. Ses genoux touchèrent ceux de Guillaume. Il était assis contre les oreillers, les jambes écartées, le torse nu. Mathilde prit son visage entre ses mains.

« À mon tour. »

Elle monta sur lui face au miroir. Ses cuisses encadrèrent ses hanches. Guillaume posa ses mains sur ses côtés, puis les retira lorsque Mathilde les repoussa doucement.

« Laisse-moi choisir. »

« Oui. »

Elle prit le sexe de Guillaume dans sa main et le guida en elle, sans quitter ses yeux dans la glace. Elle descendit lentement, jusqu’à le sentir tout entier. Guillaume posa ses mains sur ses cuisses.

Mathilde se redressa. Tout à l’heure, elle avait voulu être regardée. À présent, elle voulait regarder. Elle suivit le mouvement de son propre corps, la façon dont ses seins bougeaient, les muscles de son ventre qui se contractaient, les mains de Guillaume qui attendaient sur ses cuisses pour recevoir ses consignes.

« Plus haut », dit-elle.

Il remonta ses mains.

« Plus fort. »

Il serra davantage.

Elle bougea. Le lit répondit par un bruit sourd et régulier. Dans la glace, son visage se rapprochait du sien, puis s’éloignait. Elle vit Guillaume lever le menton pour l’embrasser. Elle lui donna sa bouche. Sa langue rencontra la sienne, et le baiser suivit le mouvement de son bassin.

« Tu es magnifique », dit-il.

Elle posa son front contre le sien.

« Décris-moi. »

Il hésita une seconde.

« Tu te tiens droite. Tes yeux restent ouverts. Tu sais exactement ce que tu fais. »

« Et toi ? »

« Je te regarde. Je te veux. »

Elle sourit dans le miroir.

« Bien. C’était le contrôle. »

Mathilde accéléra. Guillaume l’accompagna, ses mains remontant de ses cuisses jusqu’à sa taille. Elle se pencha pour embrasser son cou, puis se redressa aussitôt afin de ne rien perdre de leur reflet. Une mèche de cheveux lui barrait la joue. Elle la repoussa d’un geste impatient.

Son plaisir revint, plus profond, lié au regard qu’elle portait sur elle-même. Elle se vit recevoir, choisir, mener. Elle vit les yeux de Guillaume sur son visage et comprit que son désir passait par là : il ne contemplait pas une image figée. Il la suivait.

« Guillaume. »

« Oui. »

« Ne détourne pas les yeux. »

« Je ne les détourne pas. »

Elle accéléra encore. Ses mains se posèrent sur ses épaules. Guillaume la soutint tandis que son corps se contractait autour de lui. Elle jouit en le regardant, les lèvres entrouvertes, la tête rejetée en arrière. Un son bref lui échappa, puis un rire qui se brisa contre la bouche de Guillaume.

Il la serra contre lui. Elle resta assise sur ses cuisses, son front contre son épaule, le cœur rapide. Dans le miroir, ils formaient une masse désordonnée : jambes mêlées, cheveux défaits, dos nu, couverture repoussée.

Guillaume passa ses doigts dans sa nuque.

« Tu veux que je couvre le miroir ? »

Mathilde leva la tête. Elle regarda leur reflet encore une fois. Elle avait les joues rouges, les yeux brillants de fatigue et de plaisir, le soutien-gorge déplacé, les lèvres gonflées par les baisers. Elle ne chercha rien à modifier.

« Pas encore. »

Il embrassa sa tempe.

« Alors pas encore. »

Elle posa sa main sur son torse. Sous sa paume, son cœur battait vite.

« J’ai cru que je détestais me voir. »

« Tu détestais ne pas décider de ce que tu voyais. »

Mathilde tourna les yeux vers lui.

« Chef de rang et psychologue. La soirée est rentable. »

« Je peux aussi apporter les serviettes. »

Elle rit contre sa peau, puis se redressa. Le miroir leur renvoya ce rire, leurs corps enfin immobiles, la grande psyché inclinée au pied du lit.

Dessin : au pied du lit, elle relève doucement son menton vers l’ancienne psyché ; leurs regards se croisent dans le reflet.

Plus tard, Mathilde enfila une chemise de Guillaume. Elle lui arrivait à mi-cuisse. Il avait remis son pantalon, mais gardait le torse nu. Leurs vêtements restaient éparpillés près de la chaise, sauf le pull gris, qu’il avait posé sur le dossier du fauteuil.

Mathilde s’installa au bureau avec une feuille et un crayon. Elle ne dessina ni le miroir ni le cadre. Elle traça d’abord une main sur une hanche, puis une nuque, puis deux visages réunis dans une même surface. Ses traits étaient rapides, moins propres que d’habitude. Elle ne cherchait pas la ressemblance exacte. Elle retenait le changement.

Guillaume resta près de la psyché.

« Tu vas la garder découverte ? »

Mathilde posa le crayon.

« Je ne sais pas. »

Elle observa le miroir. Il renvoyait la chambre, le lit défait, la chemise ouverte sur ses jambes, Guillaume debout dans son dos. L’image lui sembla moins étrangère. Elle ne lui appartenait pas entièrement. Elle appartenait aussi à la personne qui l’avait regardée avec désir.

Mathilde se leva, prit le drap au pied du lit et le posa sur la psyché. Le tissu suivit les colonnes sculptées, effaça la glace, puis glissa un peu sur un côté. Un mince fragment de reflet resta visible en bas.

Elle revint au bureau et ajouta deux lignes sur son dessin.

Sous le drap, le miroir gardait leur lumière.

Dessin : Après, une femme en chemise trop grande dessine au bureau tandis qu’un homme torse nu reste près d’elle.

Fin de l’histoire

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