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Le dernier chapitre est à vousLe dernier chapitre est à vous, la suite

Le dernier chapitre est à vous, la suite

La dernière lueur du four

Suite. Piment : Pimenté. Rédaction Absoloo.

Roxane resta contre le bois, les doigts encore noués à ceux de Vincent. Dans la petite arrière-boutique, l’air était plus frais. Une étagère portait des sacs de farine fermés, des torchons pliés et trois boîtes en fer dont elle connaissait le contenu au gramme près. Vincent, lui, regardait la pièce avec l’attention d’un homme qui venait d’entrer dans un territoire rival.

Il se rapprocha. Sa chemise ouverte glissa davantage sur ses épaules. Roxane posa la main sur son torse, juste au-dessus du tissu froissé, puis descendit lentement jusqu’à sa taille. Son corps réagit sous sa paume. Vincent ne chercha pas à cacher l’effet que ce geste produisait. Il leva les mains, les posa de chaque côté de son visage et attendit.

Elle sourit.

« Vous attendez une autorisation écrite ? »

Elle l’embrassa avant qu’il réponde. Sa bouche avait encore le goût du cacao et du sucre. Vincent répondit avec une lenteur qui la rendit impatiente. Elle agrippa le col de sa chemise, tira dessus, puis défit le bouton suivant. Le tissu s’ouvrit sur sa poitrine et son ventre. Elle posa la bouche à la base de son cou, sentit sa main se refermer sur sa hanche.

Elle mordilla la peau sous sa mâchoire. Vincent eut un rire bref, vite avalé par un baiser. Son tablier de cuir était resté sur la table, à côté du bandeau en lin. Roxane le désigna d’un mouvement du menton.

« Retirez-le. »

Il retourna vers la table sans la quitter des yeux. Le cuir tomba sur le tabouret. Le thermomètre suivit, posé avec soin à côté du lin. Vincent revint vers elle, débarrassé de cette couche sombre qui le séparait de ses mains.

Roxane passa ses doigts sur ses épaules, puis sous la chemise. Sa peau était tiède. Elle suivit son dos, trouva la naissance de ses muscles et y promena les ongles. Vincent inclina la tête.

Il profita d’un rire pour remonter son pull. Roxane leva les bras. Le vêtement passa au-dessus de sa tête et atterrit sur une caisse vide. Elle resta en chemise légère, les cheveux défaits, la peau marquée de quelques traces blanches de farine.

Vincent prit une trace de farine sur son épaule avec le bout du doigt et la porta à sa bouche. Elle prit ses mains et les posa sur sa taille. Il obéit aussitôt. Ses paumes glissèrent sous le bord de sa chemise. Roxane sentit ses doigts s’écarter, prudents d’abord, puis plus sûrs lorsqu’elle les guida vers son dos.

« Plus bas. »

Il suivit.

« Encore. »

La bouche de Vincent retrouva son cou. Roxane appuya la nuque contre la porte. Le bois vibra légèrement derrière elle. Sa main se referma dans les cheveux de Vincent, pas assez pour le retenir, assez pour lui montrer le rythme qu’elle voulait. Il descendit jusqu’à sa clavicule, puis revint à sa bouche avec une application qui lui arracha un soupir.

Il ouvrit le premier bouton de sa chemise à elle. Puis le deuxième. L’air froid toucha sa peau. Vincent regarda son visage avant de poursuivre. Roxane prit sa main et la posa sur son sein par-dessus le tissu fin.

« Ici. »

Ses doigts se refermèrent doucement. La paume de Vincent couvrit le tissu. Il caressa sans hâte, avec une attention qui fit perdre à Roxane le fil de sa prochaine remarque. Elle mordit sa lèvre, puis s’empara de la chemise de Vincent et la fit glisser de ses épaules.

« Vous allez finir par me rendre silencieuse », dit-il.

« C’est le pari que je préfère. »

Il la souleva juste assez pour la déposer sur le bord d’une table étroite. Une boîte en fer tinta derrière elle. Roxane entoura sa taille de ses jambes et le ramena contre elle. Leurs vêtements se froissèrent entre leurs corps. Son ventre se pressa contre le sien. Elle sentit la tension de Vincent, nette, immédiate, et s’en réjouit avec un sourire qui le fit perdre son calme.

Elle fit glisser ses mains sur son dos nu, puis les posa sur ses fesses à travers son pantalon. Vincent ferma les yeux. Roxane recommença, plus lentement, et le sentit se rapprocher jusqu’à ce qu’il n’existe plus d’espace entre eux.

Son baiser devint plus profond. La langue de Vincent rencontra la sienne. Roxane tira sur sa ceinture, trouva la boucle et la fit céder avec un petit claquement métallique. Il rouvrit les yeux.

Elle descendit de la table et l’entraîna par la boucle de sa ceinture jusqu’au lit étroit de l’arrière-boutique, celui où elle s’allongeait parfois avant l’ouverture après une nuit de travail. Vincent retira son pantalon sans la quitter des yeux. Elle fit glisser sa jupe, ôta sa chemise d’un geste, dégrafa son soutien-gorge, fit glisser sa culotte, et se retrouva nue devant lui, la lumière rouge du four sur la peau. Il la regarda longtemps, comme on lit une recette qu’on croyait connaître.

« Dites-moi ce que vous voulez », dit-il.

« Votre bouche. Partout. »

Il l’allongea, embrassa sa gorge, ses seins, son ventre, la ligne de sa hanche, et descendit entre ses cuisses. Roxane ouvrit les jambes. Sa langue était lente, appliquée, et elle comprit qu’il avait rêvé de ça aussi. Elle lui dit où, comment, plus doucement, là, encore. Ses doigts s’enfoncèrent dans ses cheveux. Quand le plaisir monta, elle le sentit venir de loin, du fond du ventre, et elle ne chercha pas à le retenir : elle jouit contre sa bouche, le dos arqué, avec un cri qui fit tinter une boîte en fer sur l’étagère.

Elle le tira vers elle.

« À mon tour de commander. »

Elle le poussa sur le dos et s’installa à califourchon sur lui. Il était dur contre elle. Elle le prit dans sa main, le guida, et descendit lentement sur le sexe de Vincent jusqu’à le sentir tout entier en elle. Vincent ferma les yeux, puis les rouvrit pour la regarder. Elle commença à bouger, les mains à plat sur son torse, et il la tint par les hanches sans chercher à mener.

« Plus vite ? »

« Comme vous voulez. »

« Comme je veux. »

Elle accéléra. Le lit cogna contre le mur. Ses cheveux à elle tombaient autour du visage de Vincent, sa bouche qui cherchait la sienne. Elle prit sa main et la plaça entre ses cuisses pour qu’il la touche pendant qu’elle le chevauchait, et il la toucha avec ferveur, les doigts justes, le regard fixé sur le sien. Quand elle jouit une seconde fois, longuement, en répétant son nom, il se laissa aller à son tour, le visage tendu, avec un grognement bas qu’elle sentit passer dans tout son corps.

Elle s’effondra contre lui. Leurs cœurs cognaient à contretemps.

Dehors, la neige frottait la vitre. Roxane tendit le bras, attrapa le bandeau de lin sur la table, et le noua autour du poignet de Vincent.

« Celui-ci ne sert pas à vous cacher les yeux. »

« À quoi sert-il ? »

« À me rappeler que j’ai gagné. »

Il rit, la tête dans son épaule, et le four refroidit en craquant dans le noir.

Fin de la suite

Cran de cet appareil

Au-dessus du cran choisi, les suites et les passages plus chauds se masquent sur cet appareil. Rien n’est envoyé nulle part.