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En négociation
Roxane resta adossée à la porte, les doigts encore posés sur le battant. Vincent avait gardé une main sur sa taille. L’autre pendait entre eux, marquée d’une fine poussière de farine.
« Vous avez fermé à clé ? »
« Vous pensez déjà à fuir ? »
Elle attrapa le bord de son tablier de cuir et tira. La boucle métallique céda avec un bruit sec. Vincent laissa faire, les yeux fixés sur son visage. Le cuir glissa de ses épaules et tomba près du tapis de l’entrée.
« Un point pour moi », dit-elle.
« Pour avoir retiré votre meilleure défense. »
Roxane posa les deux mains sur sa chemise. Elle ouvrit le bouton suivant, puis le suivant. Vincent ne bougea pas. Ses doigts se resserrèrent seulement sur la laine du pull de Roxane, à la hauteur de sa taille.
« Je vérifie la qualité de la concurrence. »
Elle en ouvrit un troisième. La peau apparut entre les pans de tissu, chaude sous la lumière jaune du couloir. Roxane y posa le bout de ses doigts. Vincent ferma les yeux, puis les rouvrit aussitôt.
Il prit le bas du pull de Roxane et le souleva lentement. Roxane leva les bras. La laine passa sur ses cheveux, accrocha une boucle d’oreille, puis disparut dans la main de Vincent. Elle resta en chemise, les manches retroussées, le col ouvert. Il déposa le pull sur une chaise.
Ses paumes revinrent à sa taille. Elles remontèrent sous la chemise, à même la peau. Roxane sentit ses pouces longer ses côtes. Sa cicatrice au poignet effleura sa joue quand elle lui prit la nuque.
« Vous pouvez toucher », murmura-t-elle.
« Je touchais déjà. »
« Pas avec assez d’application. »
Vincent l’embrassa. La porte dans son dos vibra légèrement sous la pression de son épaule. Sa bouche avait encore le goût du chocolat noir, mêlé à celui du gingembre resté sur les lèvres de Roxane. Elle ouvrit sa chemise à lui jusqu’au dernier bouton. Ses doigts glissèrent sur son torse, puis sur son ventre. La tension sous sa peau répondit à chaque passage.
Elle posa sa main sur sa ceinture. Vincent attrapa son poignet, non pour l’arrêter, mais pour le guider. Le geste la fit sourire. Elle suivit la direction de sa main et pressa son corps contre le sien.
La boucle de sa ceinture heurta la hanche de Roxane.
Il embrassa son cou. Roxane inclina la tête et ses doigts s’enfoncèrent dans ses cheveux. La bouche de Vincent descendit jusqu’à sa clavicule, puis revint sous son oreille. Elle sentit ses genoux perdre un peu de leur précision.
« Chambre », dit-elle.
« Je ne veux pas survivre à l’inspection », dit-il, sans sourire.
Elle posa sa paume contre sa joue, essuya une trace de farine près de sa tempe, puis l’attira vers elle.
« Alors restez là. »
Il l’embrassa avec plus de poids. Ses mains descendirent dans son dos, trouvèrent la fermeture de sa jupe et la défirent. Le tissu glissa jusqu’à ses genoux. Roxane s’en dégagea d’un pas, puis retira ses chaussures. Elle resta en chemise et en sous-vêtements, les joues colorées par la chaleur du couloir.
Vincent la contempla sans parler.
Elle lui prit la main et le conduisit dans la pièce voisine. Le lit occupait le fond de la chambre, couvert d’une couverture épaisse. Sur la commode, un bol de sucre oublié avait gardé quelques grains blancs autour de son bord. Roxane le vit, puis Vincent la fit reculer jusqu’au matelas.
Il retira son pantalon et le laissa près de la porte. Sa chemise resta ouverte sur sa poitrine. Roxane passa les doigts sur la marque sombre laissée par le tablier sur sa chemise, puis posa les lèvres sur son torse.
Elle s’assit sur le lit. Vincent s’agenouilla devant elle pour retirer ses bas. Ses mains remontèrent lentement sur ses mollets, puis sur ses cuisses. Roxane les attrapa et les posa plus haut.
« Ne soyez pas poli. »
« Je ne suis poli que lorsque vous me regardez. »
« Je vous regarde très bien. »
Elle passa une jambe autour de sa taille et l’attira contre elle. Son torse nu rencontra sa chemise. Il défit le dernier bouton et la fit glisser de ses épaules. La peau de Roxane se couvrit d’air frais. Vincent posa la bouche sur son sein, à travers le tissu fin de son soutien-gorge. Elle baissa les yeux vers lui, les doigts serrés dans ses cheveux.
« Encore. »
Il recommença, plus lentement. Sa main parcourut son dos, puis sa hanche. Roxane cambra le ventre et chercha sa bouche. Elle l’embrassa en tirant sur sa nuque, avec une impatience qui fit rire Vincent contre ses lèvres.
« Vous trouvez ça amusant ? »
« Vous venez de perdre un point. »
« Pourquoi ? »
« Vous avez ri avant moi. »
Elle le poussa sur le dos. Le matelas s’enfonça sous son poids. Roxane grimpa sur lui, une cuisse de chaque côté de ses hanches, et posa les mains sur son torse.
« Le jury est partial. »
« Le jury est sous votre contrôle. »
« Enfin une décision raisonnable. »
Elle l’embrassa, puis descendit jusqu’à son cou. Vincent posa les mains sur ses cuisses. Ses doigts se refermèrent, s’écartèrent, revinrent avec une lenteur qui fit vibrer le ventre de Roxane. Elle se redressa, retira son soutien-gorge et le lança vers la chaise.
Vincent s’assit pour l’embrasser. Sa bouche s’attarda sur ses seins, ses mains guidèrent ses hanches. Roxane pressa son front contre le sien.
« Plus près. »
Il dégrafa son soutien-gorge, le laissa tomber, et prit un sein dans sa bouche, la langue lente autour du téton, pendant que sa main descendait le long de son ventre. Roxane se renversa sur la couverture. Il retira sa culotte, doucement, et ses lèvres suivirent le chemin de ses doigts : la hanche, l’aine, l’intérieur de la cuisse.
« Vincent. »
« Oui ? »
« Si vous vous arrêtez maintenant, je vous retire tous les points. »
Il sourit contre sa peau et posa la bouche sur son sexe. Elle se cambra. Sa langue était précise, patiente, appliquée, comme sur une pâte qu’on ne brusque pas, et elle laissa échapper un son qui n’avait plus rien d’une plaisanterie. Elle lui dit où, comment, encore, là, ses doigts serrés dans ses cheveux. Quand elle jouit, ce fut d’un seul coup, les cuisses tremblantes, le visage tourné vers l’oreiller.
Elle le tira vers elle avant d’avoir repris son souffle.
« À moi de compter les points. »
Elle le poussa sur le dos, lui retira son caleçon et le prit dans sa main, le sexe dur, chaud, qu’elle caressa jusqu’à lui arracher son prénom. Elle chercha un préservatif dans le tiroir de la table de nuit, le déroula sur lui, puis s’installa à califourchon et descendit lentement, les yeux dans les siens, jusqu’à le sentir tout entier en elle.
« Roxane… »
« Ne bougez pas. »
Elle prit son temps. Puis elle bougea, les mains à plat sur son torse, d’abord lente, puis plus vite, le bol de sucre qui tremblait sur la commode à chaque secousse du lit. Vincent la tenait par les hanches, la bouche ouverte, le regard fixé sur elle. Elle guida sa main entre ses cuisses.
« Là. Comme ça. »
Il la caressa en rythme. Elle jouit une seconde fois, longuement, en répétant son nom. Il se laissa aller à son tour, le visage tendu, avec un grognement bas, les doigts crispés sur ses hanches.
Elle s’effondra sur lui. Leurs cœurs cognaient à contretemps.
Vincent embrassa sa cicatrice au poignet. Roxane passa le pouce sur sa lèvre.
« Alors ? »
« Match nul. »
« Par nous deux. »
Elle ramassa près du lit le bandeau de lin, tombé de la poche du pantalon de Vincent, et le posa sur leurs poignets joints.
« Preuve officielle. »
Dans la chambre silencieuse, le sucre resta en équilibre sur le bord du bol.
Fin de la suite
Cran de cet appareil
Au-dessus du cran choisi, les suites et les passages plus chauds se masquent sur cet appareil. Rien n’est envoyé nulle part.