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Dernier train avant l’aubeDernier train avant l’aube, la suite

Dernier train avant l’aube, la suite

La chambre 7

Suite. Piment : Pimenté. Rédaction Absoloo.

La porte de la chambre 7 se referma derrière eux.

Pauline resta appuyée contre le battant, ses chaussettes sur la moquette brune, ses chaussures suspendues à deux doigts. La chambre sentait le vieux radiateur, le savon sec et le bois ciré. Un lit étroit occupait presque toute la pièce. Sur la table de nuit, le réveil rouge affichait 03:07.

Baptiste posa la clé à côté.

« Nous avons donc un peu plus de deux heures avant que la SNCF nous rappelle à l’ordre. »

« Cinq heures douze », corrigea Pauline.

« Je sais lire les chiffres. »

« Je vérifie. Vous avez parfois l’air de devoir être traduit. »

Il la regarda avec cette patience grave qui lui donnait envie de rire et de l’embrasser. Elle s’approcha. Le pull gris gardait autour de son cou l’odeur de sa peau. Les manches lui couvraient encore les mains.

Baptiste en saisit une et la tira doucement jusqu’à son poignet.

« Vous allez me le rendre ? »

« Je réfléchis. »

« Depuis deux heures, vous portez mon vêtement, mes bonbons et une partie de mon attention. »

Pauline posa ses chaussures sur la chaise, puis retira son manteau. Le tissu glissa de ses épaules et tomba sur le dossier. Baptiste le récupéra, le plia avec un soin excessif et le déposa au pied du lit.

« Vous rangez les manteaux quand vous avez envie d’embrasser quelqu’un ? »

« Quand ils menacent de tomber. »

Elle lui saisit le col de sa chemise de laine et l’attira. Leurs lèvres se rejoignirent. Le baiser avait le goût de menthe, de café et de froid resté sur la peau. Pauline glissa les mains sous son manteau, puis sous sa chemise. Son dos était chaud. Ses muscles se contractèrent sous ses paumes.

Baptiste embrassa son cou. Sa barbe accrocha la peau près de sa mâchoire. Pauline renversa la tête contre la porte. Le pull gris remonta sur ses cuisses. La main de Baptiste suivit le mouvement, lente et sûre, puis s’arrêta au bord de son pantalon.

« Tu peux continuer », dit-elle.

Le tutoiement trouva sa place entre eux.

Baptiste ne bougea pas, la main immobile, les yeux dans les siens.

« Continue », dit-elle, les doigts refermés sur sa nuque.

Sa main reprit son chemin.

Sa paume rugueuse passa sur son ventre par-dessus le coton et s’attarda à sa taille. Pauline sentait ses doigts à travers la blouse et le pull. L’épaisseur des tissus devint difficile à supporter.

Elle lui retira son manteau. Il fit glisser sa chemise de laine par-dessus sa tête. La poussière blanche restée dans les plis de ses mains marquait à peine le tissu. Pauline posa les paumes sur son torse, sur ses épaules, puis descendit jusqu’à sa ceinture.

Elle sourit contre sa bouche et défit sa ceinture. Baptiste la regarda faire, les bras le long du corps, la respiration changée. Pauline sentit la peau de Baptiste se tendre sous ses doigts.

Elle retira son pull gris et le laissa tomber au pied du lit. L’air de la chambre toucha ses bras. Sa blouse était froissée, le dernier bouton ouvert, son débardeur dessinait la ligne de ses seins. Baptiste resta silencieux, les yeux sur les mains qui défaisaient les boutons.

Pauline posa la blouse sur le lit. La tache de café formait un continent pâle sous la lampe.

« Elle a survécu à la laverie. »

« Elle a surtout survécu à vous. »

« Elle était déjà fragile quand je l’ai rencontrée. »

Baptiste posa ses mains sur ses épaules et les fit descendre le long de ses bras, puis sur ses seins à travers le débardeur. Pauline ferma les yeux. Ses doigts à elle se glissèrent dans son pantalon, puis remontèrent sur son ventre. Il était ferme et chaud, traversé d’une tension qu’elle suivit comme une ligne sous la peau.

Elle embrassa son cou. Sa bouche descendit sur sa poitrine. Baptiste posa une main derrière sa tête, l’autre sur sa hanche, puis la souleva juste assez pour la déposer sur le bord du lit.

« Très élégant », murmura-t-elle.

Pauline encadra son visage de ses mains et l’embrassa avec plus d’appétit. Ses cuisses s’ouvrirent autour de lui. Baptiste s’installa entre elles, le corps pressé contre le sien.

Elle sentait son sexe dur contre son ventre. Le contact lui arracha un rire bref, changé en plainte lorsque sa bouche descendit sur son sein. Sa langue suivit la couture du débardeur, qui se mouilla sous sa bouche. Pauline arqua le dos.

« Plus bas. »

Il descendit.

Sa main remonta sous son débardeur, découvrit son sein et le prit avec une attention qui lui fit serrer les draps. Ses doigts étaient rudes, sa pression mesurée. Il alternait la paume et le bout des doigts, s’arrêtant chaque fois qu’elle se cambrait pour la laisser lui montrer la suite.

Pauline attrapa sa main.

« Ici. »

Elle la guida entre ses cuisses.

Baptiste posa sa bouche contre la sienne sans retirer ses doigts. Son geste devint plus précis. Pauline sentit son corps s’ouvrir sous cette lenteur, humide et impatient. Elle bougea le bassin pour le rejoindre. Le lit protesta.

Baptiste sourit contre sa joue. Il la fit glisser plus haut sur le lit et retira son pantalon. Pauline ôta le sien et repoussa leurs vêtements du pied vers la chaise.

Baptiste resta debout entre ses cuisses. La lampe dessinait sur son ventre les ombres de ses côtes. Pauline posa les mains sur ses hanches et le ramena vers elle. Elle embrassa son sexe à travers le tissu, assez lentement pour lui faire fermer les yeux.

« Tu as l’air moins prudent », murmura-t-elle.

« Je fais une étude de terrain. »

Elle descendit son caleçon. Ses doigts s’enroulèrent autour de son sexe. Baptiste posa une main sur sa nuque, l’autre contre le mur, au-dessus de son épaule. Pauline le caressa avec un rythme souple, le regard levé vers son visage. Sa retenue ressemblait maintenant à un effort pour ne pas aller trop vite.

Il s’agenouilla entre ses jambes et embrassa l’intérieur de sa cuisse. Pauline sentit sa respiration sur sa peau. Sa bouche descendit, sa langue suivit la ligne tendre jusqu’à son sexe. Elle se cambra, les doigts dans ses cheveux.

« Oui. Là. Encore. »

Il reprit le mouvement. Pauline mordit sa lèvre pour retenir un son, puis renonça. Ses cuisses se resserrèrent autour des épaules de Baptiste. Son plaisir monta, serré, rapide, jusqu’à lui faire perdre la phrase qu’elle cherchait.

Baptiste se redressa. Pauline le ramena contre elle. Elle passa une jambe autour de sa taille, guida le sexe de Baptiste vers elle et l’attira d’un geste net. Il entra en elle lentement. Elle posa son front contre le sien.

« Ne va pas vite. »

« Je ne vais jamais vite. »

Il s’enfonça. Pauline s’accrocha à ses épaules. Le rythme commença doucement, puis devint plus profond. Le lit grinçait à chaque mouvement.

Baptiste l’embrassa, puis descendit sur sa gorge. Pauline bougea sous lui, les cuisses serrées autour de ses hanches.

« Baptiste. »

Il releva la tête.

« Encore. »

Sa main quitta son sein et passa sous sa hanche. Il la souleva légèrement pour modifier l’angle. Pauline poussa un cri contre son épaule et planta les ongles dans son dos, juste assez pour le retenir.

Le rythme se raffermit. Pauline oublia les mots des autres. Elle n’entendit plus que le matelas, la respiration courte de Baptiste et sa propre voix, qui disait ce qu’elle voulait avant même qu’il le demande.

Elle jouit contre lui, la bouche ouverte sur son épaule, les ongles dans son dos, puis se relâcha, la joue dans son cou. Baptiste resta immobile quelques secondes, le visage contre ses cheveux. Il jouit à son tour, en elle, avec un son bas qu’elle sentit dans sa propre poitrine.

Ils demeurèrent enlacés, sans chercher tout de suite une position plus confortable. Le réveil rouge indiquait 04:18.

Pauline caressa son dos. Ses doigts rencontrèrent une fine cicatrice près de l’omoplate.

« Celle-là ? »

« Une pierre qui avait une opinion. »

Pauline embrassa la marque. Baptiste glissa une main sous sa tête et l’autre sur son ventre. Même après, il continuait de l’écouter avec ses mains.

Elle se tourna sur le côté. Il vint derrière elle, son torse contre son dos. Sa paume suivit son flanc jusqu’à sa cuisse. Pauline attrapa le pull gris au pied du lit et le ramena sur eux comme une couverture.

« Tu comptes repartir avec ? »

« Il est devenu sentimental. »

« Il était neuf. »

« Il a connu la laverie et une chambre 7. Il ne peut plus retourner à sa vie d’avant. »

Baptiste embrassa son épaule. Pauline posa sa main sur la sienne, rugueuse contre son ventre.

À 04:51, un train passa au loin sans s’arrêter. Le bruit vibra dans la vitre, puis s’éloigna. Sur la table de nuit, le réveil changea de minute.

Il restait vingt et une minutes avant le train. Pauline serra les doigts de Baptiste. Le pull gris les recouvrait tous les deux, et ses chaussettes, qu’elle n’avait jamais retirées, dépassaient du drap.

Fin de la suite

Cran de cet appareil

Au-dessus du cran choisi, les suites et les passages plus chauds se masquent sur cet appareil. Rien n’est envoyé nulle part.