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La nuit des pseudonymesLa nuit des pseudonymes, la suite

La nuit des pseudonymes, la suite

La chambre 412

Suite. Piment : Pimenté. Rédaction Absoloo.

La chambre était plus petite que leur appartement, ce qui convenait parfaitement à Vera. Elle referma la porte du bout des doigts et resta dos au bois, la main encore posée sur la poignée.

Julian ne bougea pas tout de suite. Sa chemise blanche était ouverte jusqu’au milieu du torse. La robe de Vera tenait par une fermeture descendue et deux bretelles qui menaçaient de changer de propriétaire.

« Vous avez réservé une suite ? » demanda-t-elle.

« Une chambre avec moquette et accessoires perdus. Je travaille dans des conditions difficiles. »

Il posa la carte sur la console. Son sac en toile, celui qui contenait ses câbles, attendait près du fauteuil. Elle le tira vers le mur du bout du pied. Sam la suivit. Il retira sa veste, la posa sur le dossier du fauteuil, puis revint vers elle avec cette lenteur étudiée qui l’agaçait lorsqu’il la pratiquait à la maison et la troublait ce soir.

Justine leva les bras. Il dégagea ses cheveux de son cou. Sa bouche se posa sous son oreille, juste à l’endroit où elle perdait toute envie de plaisanter. Ses doigts remontèrent le long de ses bras, puis revinrent à sa taille.

Elle tourna le visage.

« Julian. »

« Vera. »

« La règle du jeu prévoyait que vous sachiez retirer une robe. »

Elle prit sa main et la plaça sur la fermeture. Cette fois, Sam ne la fit pas attendre. Le curseur descendit jusqu’à ses reins. Le tissu s’ouvrit sur son dos, puis glissa d’une épaule. Elle ne s’en préoccupa pas.

Sam embrassa sa clavicule. Justine passa ses doigts dans sa barbe, appuya sur sa nuque et le ramena contre elle. Sa bouche trouva la sienne avec une précision qui effaça la chambre, le fauteuil, la moquette et le rôle de photographe.

Il posa les paumes sur ses hanches et l’attira contre lui. La chemise ouverte frotta sa peau. Justine glissa une main sur son torse, suivit la ligne de ses côtes, défit sa ceinture et retira la chemise de ses épaules. Elle rejoignit la veste sur le fauteuil.

« Vous êtes trop habillé pour quelqu’un qui prétend tout écouter », dit-elle.

Sam prit le bord de sa robe.

« Et vous, trop habillée pour une parfumeuse pleine de secrets professionnels. »

Il fit glisser la robe le long de ses bras. Elle la rattrapa avant qu’elle ne tombe, la plia avec application et la posa sur le fauteuil. Ce soin les fit rire tous les deux.

Justine resta en sous-vêtements noirs, les bretelles fines sur ses épaules. Sam la regarda sans détour. Elle sentit le changement dans son visage, la concentration entière qu’il mettait dans chaque détail. Il s’approcha, posa une main au creux de son ventre et l’embrassa.

Sa bouche descendit sur sa poitrine, sans précipitation. Justine agrippa ses cheveux. Ses genoux touchèrent le bord du lit.

« Encore », murmura-t-elle.

Sam leva les yeux. Il entendit le mot, pas le personnage. Il la fit reculer jusqu’au matelas et s’agenouilla pour retirer ses bottines, qui tombèrent l’une après l’autre près de la porte. Elle l’embrassa debout, ouvrit le bouton de son pantalon et le tira sur ses hanches. Il l’envoya rejoindre les bottines d’un mouvement du pied.

Sam la souleva juste assez pour l’asseoir sur le lit. Elle ouvrit les jambes autour de lui. Il embrassa son cou, sa clavicule, la ligne de son sein sous le tissu noir, et quand elle cambra le dos il dégrafa son soutien-gorge d’un seul geste, sans l’avoir cherché. Il le laissa tomber près de la robe pliée. Elle le regarda la regarder.

« Vous êtes trop doué pour un photographe de voyage », dit-elle.

« Je m’entraîne sur les paysages. »

Elle lui tira la tête vers sa poitrine. Il prit son sein dans sa bouche, la langue lente autour du téton, une main sous elle, l’autre qui descendait le long de son flanc jusqu’à l’élastique de sa culotte. Justine se renversa sur les draps. Le lit protesta avec un grincement bref.

Ils se figèrent.

« La chambre 412 vient de donner son avis », dit-il.

« Elle manque de discrétion. »

Elle lui attrapa les cheveux et le ramena vers elle.

« Continue. »

Il continua. Sa bouche descendit sur son ventre, le creux de sa hanche, l’intérieur de sa cuisse. Elle souleva les hanches et il fit glisser la culotte le long de ses jambes. Elle était nue devant lui, sur un couvre-lit qui sentait la lessive d’hôtel. Pour une fois elle n’avait pas envie de plaisanter. Il posa les mains à plat sur ses cuisses, les écarta doucement et la regarda.

« Sam. »

Ce fut le prénom, dit sans y penser, qui défit le jeu. Il leva les yeux et sourit, un sourire qu’elle connaissait par cœur et qu’elle n’avait jamais vu à cette lumière.

« Justine. »

Il posa la bouche sur son sexe. Elle serra les draps. Sa langue était lente, appliquée, attentive à chacune de ses respirations, et Justine, qui ne se taisait jamais, n’eut plus que des « là » murmurés, une main dans ses cheveux pour lui dire où rester. Il resta. Elle sentit son plaisir monter depuis le ventre, tendu, brillant, jusqu’à lui arracher un cri qu’elle étouffa contre son avant-bras, les cuisses refermées sur ses épaules, le dos arqué hors du matelas.

Il remonta le long de son corps, la bouche humide, le sourire en coin.

« Un seul défaut, madame Vera, vous faites beaucoup de bruit. »

« C’est l’acoustique. »

Elle l’attira par la nuque et l’embrassa en goûtant sa propre peau sur ses lèvres. Puis elle le poussa sur le dos et lui retira son pantalon, son caleçon, tout ce qu’il lui restait de Julian. Il était dur contre sa main. Elle le prit, le caressa lentement, du bout du pouce, regardant son visage se défaire. Il ferma les yeux.

« Justine. »

« Dis-moi ce que tu veux. »

« Ta bouche. »

Elle descendit sur lui et le prit dans sa bouche, doucement d’abord, puis plus profond, une main à la base, l’autre sur son ventre qu’elle sentait se creuser. Sam posa une main dans ses cheveux, sans appuyer, juste pour avoir quelque chose à tenir. Il disait son prénom par morceaux. Quand sa cuisse se tendit contre sa joue, elle remonta.

« Pas comme ça, pas tout de suite », dit-il. « Je veux être en toi. »

Elle prit un préservatif dans la poche de son sac, entre la carte de l’hôtel et un câble, et le lui tendit avec un sérieux de notaire. Il le déroula en riant. Elle s’installa à califourchon sur lui, les mains sur son torse, et descendit sur son sexe lentement, jusqu’à ce qu’il soit tout entier en elle. Ils restèrent immobiles une seconde, front contre front, comme deux personnes qui n’en reviennent pas de se connaître si bien et de se découvrir quand même.

Puis elle bougea. Il posa les mains sur ses hanches et suivit son rythme, lent, profond, ses yeux dans les siens. Le lit grinça à chaque va-et-vient et cette fois ils laissèrent faire. Elle se pencha pour l’embrasser, ses seins contre sa poitrine, ses cheveux tombant autour d’eux comme un rideau.

« Plus vite ? » demanda-t-il.

« Oui. Comme ça. Encore. »

Il l’enlaça, la renversa sur le dos sans sortir d’elle, et reprit par-dessus, les genoux dans les draps, la bouche dans son cou. Elle noua les jambes dans son dos pour le sentir plus loin. Il disait son nom, et des mots qu’il ne disait jamais devant le monde, des mots simples et sales qu’elle lui rendit à l’oreille en riant et en gémissant à la fois. Quand elle glissa une main entre eux pour se toucher, il la regarda faire, la mâchoire serrée, et le rythme s’emballa.

« Je viens », dit-elle.

« Attends-moi. »

« Non. »

Elle jouit la première, longtemps, les ongles dans son dos, le visage enfoui dans son épaule. Il la suivit de quelques secondes, avec un son grave qu’elle sentit contre sa poitrine, et s’effondra à moitié sur elle, tremblant.

Ils restèrent ainsi, enlacés au milieu des draps défaits, des vêtements éparpillés et du sac de câbles qui menaçait toujours de s’ouvrir.

Justine finit par se laisser tomber sur le côté. Sam attrapa le drap et le remonta sur leurs jambes. Elle posa sa tête sur son épaule. Sa main se promena sur son torse, puis s’arrêta près de son cœur.

« Vera vous aurait-elle revu ? » demanda-t-il.

« Elle aurait demandé une chambre avec un lit plus silencieux. »

« Julian aurait exigé un rapport détaillé. »

« Julian peut attendre. »

Il embrassa ses cheveux. Sur la console, le téléphone de Justine s’alluma. Le message vocal de onze secondes apparut, puis l’écran s’éteignit.

Sam tendit le bras vers le sac et en sortit un câble emmêlé.

« Il était là depuis le début », dit-il.

Justine posa sa main dessus.

« Il nous surveillait. »

Le câble glissa entre leurs doigts et retomba sur la moquette.

Dans la chambre 412, leurs vêtements formaient un chemin jusqu’au lit.

Fin de la suite

Cran de cet appareil

Au-dessus du cran choisi, les suites et les passages plus chauds se masquent sur cet appareil. Rien n’est envoyé nulle part.