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Sexe & plaisir

Simuler l'orgasme : pourquoi, et comment arrêter

À deux, chacun doit pouvoir indiquer ce qui lui convient. Simuler l'orgasme arrive plus souvent qu'on ne le raconte, et certaines personnes arrêtent ensuite. Pour sortir de cette habitude sans vexer ni dramatiser, remplacez progressivement le faux signal par des indications concrètes, une conversation calme et un plaisir qui ne dépend ni d'une éjaculation ni d'un orgasme.

Par la rédaction d’AbsolooMis à jour le 25 octobre 20267 min de lecture

Dessin : assis au milieu du lit, elle abaisse un masque au sourire exagéré et prend sa main en échangeant avec lui un regard complice.
Dessin : Elle mime une grande victoire, lui croit avoir gagné un trophée.

Combien de personnes simulent, puis arrêtent ?

En 2019, un échantillon probabiliste américain de 1 008 femmes adultes âgées de 18 à 94 ans a donné les résultats suivants : 58,8 % ont déclaré avoir déjà simulé ou prétendu un orgasme. Parmi elles, 67,3 % ont déclaré ne plus le faire. Il s'agissait d'une enquête déclarative en ligne auprès de femmes anglophones non institutionnalisées : ces chiffres correspondent à leurs réponses au questionnaire, pas à une mesure clinique.

Une étude publiée en 2026 auprès de 11 541 hommes et femmes de six pays européens indique qu'environ 51 % n'avaient jamais simulé, environ 28 % avaient simulé puis arrêté et environ 13 % simulaient encore. L'enquête en ligne a été menée en mai et juin 2022 auprès d'un échantillon de convenance recruté par panels, ce qui ne permet pas d'étendre ces proportions à toute l'Europe. Dans cette étude, la simulation était associée à une satisfaction sexuelle, relationnelle et de vie plus faible. Cette association ne suffit pas à établir une cause.

Pourquoi faire semblant quand on voudrait parler ?

Parmi les raisons citées dans l'enquête américaine, 55,4 % des femmes ont déclaré avoir voulu parler de sexe avec un partenaire puis y avoir renoncé. Elles évoquaient notamment la crainte de blesser ses sentiments, pour 42,4 %, le manque d'aisance pour entrer dans les détails, pour 40,2 %, et la gêne, pour 37,7 %. Ces réponses correspondent aux motivations déclarées dans cette enquête et ne forment pas une liste complète.

Dans cette même enquête, les femmes qui continuaient à simuler déclaraient plus souvent être gênées de parler explicitement de sexe et estimaient moins souvent pouvoir expliquer ce qui rendait les rapports plus agréables. Une satisfaction sexuelle auto-déclarée plus élevée était aussi associée à une communication sexuelle plus confortable. Dans l'étude européenne, les personnes qui avaient arrêté citaient notamment une meilleure communication sexuelle et une plus grande attention portée à leurs désirs et préférences parmi les raisons de cet arrêt. L'étude ne mesure pas l'efficacité comparative de ces démarches.

Comment arrêter sans transformer la chambre en salle d'audience ?

Étape 1 : décidez intérieurement de ne plus produire le signal final pour rassurer, accélérer ou clore la séance. Avant que les gestes commencent, préparez une phrase courte : « J'ai envie qu'on reste sur ce qui est agréable, même si je n'ai pas d'orgasme. » Vous pouvez aussi choisir un chiffre de 1 à 5 pour régler l'intensité, puis demander : « Là, c'est agréable ? » Si la réponse est non ou hésitante, ralentissez et ne changez qu'un réglage à la fois.

Étape 2 : remplacez la simulation par une indication positive. « Reste là », « un peu plus lentement », « avec moins d'appui » ou « garde exactement ce rythme » donnent une direction sans demander à l'autre de deviner. Étape 3 : parlez-en hors du lit, par exemple sur le canapé un dimanche pluvieux. Une phrase d'ouverture au tu suffit : « J'ai envie de te dire ce qui m'aide à prendre du plaisir, sans qu'on cherche à réussir une scène. » Une méta-analyse de 93 études auprès de 38 499 personnes en couple a trouvé une association positive entre communication sexuelle et satisfaction relationnelle, ainsi qu'entre communication sexuelle et satisfaction sexuelle. Cela reste une association, pas une preuve de causalité.

Dessin : Quatre vues montrent comment remplacer le faux signal par une pause et un réglage simple.
Un mot, une échelle, un seul réglage à la fois.

Que dire si vous apprenez que votre partenaire simulait ?

Commencez par ne pas vous vexer. La simulation peut notamment être liée à la crainte de blesser les sentiments de l'autre, à la gêne ou à la difficulté de parler des détails, des raisons citées dans l'enquête américaine. Répondez avec une phrase qui ouvre la suite : « Merci de me le dire. Qu'est-ce qui t'aiderait davantage ? » Puis écoutez la réponse sans lancer une enquête sur chaque date, chaque geste et chaque orgasme passé. La conversation sert à rendre les prochaines fois plus précises, pas à distribuer des torts.

Proposez de refaire un essai sans enjeu, avec une durée courte et un réglage facile à modifier. Par exemple, pendant cinq minutes, lui garde la même vitesse tandis qu'elle indique seulement « plus à gauche », « moins d'appui » ou « reste là ». Ensuite, inversez les rôles. Si elle ne souhaite pas recommencer tout de suite, restez sur les préférences. Dans l'étude européenne, les personnes qui avaient arrêté citaient notamment une meilleure communication sexuelle et une plus grande attention portée à leurs désirs et préférences parmi les raisons de cet arrêt. L'étude ne mesure pas l'efficacité comparative de ces démarches.

Dessin : Ils parlent calmement et dénouent ensemble un malentendu.

Quels réglages rendent les essais plus précis ?

Commencez par nommer le clitoris une fois, puis utilisez « cette zone » pour rester simple. Dans l'enquête américaine de 2015 auprès de 1 055 femmes âgées de 18 à 94 ans, 18,4 % ont déclaré que la pénétration seule suffisait à l'orgasme, 36,6 % qu'une stimulation clitoridienne était nécessaire pendant la pénétration et 36 % que leur orgasme était meilleur avec cette stimulation. Ces proportions correspondent à cet échantillon et ne fixent pas une règle pour chaque personne.

Pour vos essais, retenez trois réglages : l'intensité sur une échelle de 1 à 5, la vitesse et l'amplitude du mouvement. Commencez à 1 ou 2, sur une amplitude réduite, pendant environ une minute. Demandez à elle de fixer un réglage, puis gardez-le trente secondes avant de modifier un seul élément. L'enquête de 2015 rapporte des préférences diverses concernant le lieu, la pression, la forme et le rythme du toucher génital. Demandez donc au lieu de deviner : « Tu préfères ici, avec quelle intensité, et à quelle vitesse ? » Vous pouvez varier les supports et les sensations selon ce qui vous convient, en demandant régulièrement si le réglage reste agréable.

Dessin : Un schéma en forme de carte rappelle qu'il existe plusieurs chemins vers le plaisir.
Pas de parcours obligatoire : on compare, on ajuste, on garde ce qui convient.

Comment apprendre ce qui vous convient seule ?

Pour elle seule, prévoyez quinze minutes sans objectif d'orgasme. Étape 1 : installez-vous dans une position où le bassin reste détendu. Étape 2 : Prenez un temps pour explorer seule les sensations qui vous conviennent, sans objectif d'orgasme. Étape 3 : après une minute, passez à 2 si cela reste agréable. Étape 4 : testez trois vitesses, lente, moyenne puis plus rapide, en gardant la même amplitude pour comparer. Étape 5 : notez mentalement le réglage qui donne envie de continuer. Si une sensation devient trop forte ou désagréable, revenez au réglage précédent ou arrêtez.

Vous pouvez ensuite reprendre le même parcours avec un jouet, en choisissant une intensité basse et une amplitude réduite. Gardez un seul changement à la fois : outil, vitesse ou zone. Pour sortir de la simulation dans un couple, transformez cette découverte en indication utilisable : « J'aime quand tu restes ici avec une intensité de 2 » ou « garde ce mouvement, sans accélérer ». Le regard, les mots dits à voix basse et une main qui hésite peuvent avoir leur place, à condition que la phrase précise guide le geste.

Et si c'est lui qui simule, ou si l'orgasme ne vient pas ?

Si lui simule, les mêmes principes s'appliquent : arrêter le signal fabriqué, choisir une phrase brève et parler hors du lit. Il peut dire : « J'ai envie qu'on reste sur les sensations, sans viser l'éjaculation » ou « ralentis et garde cette pression ». Elle peut répondre : « Merci, montre-moi le rythme qui te convient. » Il peut aussi préciser les zones et les sensations qui lui conviennent, avec des indications simples et modifiables. Ces repères peuvent s'adapter à d'autres couples.

Si l'orgasme ne vient pas, changez un seul réglage : passez d'une vitesse rapide à une vitesse lente, réduisez l'amplitude ou ajoutez une pause de trente secondes. Vous pouvez aussi finir autrement : massage, baisers, masturbation côte à côte ou simple repos enlacé. Si vous riez, laissez le rire passer puis demandez : « On reprend, on change, ou on s'arrête ? » Une séance n'a pas besoin d'un résultat final pour rester satisfaisante. Quand un inconfort persiste ou soulève une question personnelle, demandez conseil à un médecin généraliste, une sage-femme, un urologue ou un gynécologue.

Quel exercice faire ce soir pour sortir du faux signal ?

Étape 1 : choisissez vingt minutes. Étape 2 : Pendant cinq minutes, consacrez-vous à des sensations, sans chercher à atteindre l'orgasme, et utilisez une échelle de 1 à 5 pour indiquer ce qui vous convient. Étape 3 : elle ou lui ne répond qu'avec trois indications possibles : « garde », « change » ou « stop ». Étape 4 : changez une seule variable, la vitesse ou l'amplitude, puis gardez-la pendant une minute. Étape 5 : terminez par une phrase chacun : « J'ai aimé… » et « J'aimerais essayer… »

Pour une variante, faites l'exercice à distance par téléphone, sans image intime : chacun décrit un réglage de main, de jouet ou de rythme, puis teste de son côté. Une autre version consiste à rester habillés et à parler uniquement des gestes qui donnent envie d'être essayés. Le but est de remplacer le réflexe de jouer un rôle par une information claire. Si un orgasme arrive, accueillez-le. S'il n'arrive pas, gardez la conversation et les sensations comme résultat de la séance.

Questions fréquentes

Est-ce que simuler signifie que le rapport ne plaît pas ?

Pas forcément. Les enquêtes citent plusieurs raisons, dont la peur de blesser l'autre, la gêne et la difficulté à parler des détails. Demandez ce qui était agréable, ce qui l'était moins et ce qui aiderait aujourd'hui.

Comment avouer que j'ai simulé sans blesser mon partenaire ?

Choisissez un moment hors du lit et parlez en votre nom : « J'ai parfois fait semblant, et j'aimerais maintenant te guider davantage. » Proposez un essai court, sans objectif d'orgasme, avec une intensité et un rythme faciles à modifier.

Faut-il arrêter toute pénétration pour mieux sentir ?

Pas nécessairement. Les préférences sont diverses. Vous pouvez conserver ce qui vous convient, modifier un réglage ou essayer une autre sensation, en demandant ce qui est agréable aujourd'hui.

Que faire si mon partenaire se sent trompé ?

Remerciez la personne d'avoir parlé, évitez l'interrogatoire et demandez ce qui aiderait maintenant. Proposez de reprendre avec une consigne simple, ou laissez la conversation se poursuivre sans nouvel essai immédiat.

Sources

  1. Women's Sexual Satisfaction, Communication, and Reasons for (No Longer) Faking Orgasm: Findings from a U.S. Probability Sample, Herbenick D, Eastman-Mueller H, Fu TC, Dodge B, Ponander K, Sanders SA, Archives of sexual behavior, lu le 25 octobre 2026
  2. Why Did You Stop? Reasons for Stopping Faking Orgasms and Its Association with Sexual, Relationship, and Life Satisfaction in Denmark, Finland, France, Norway, Sweden, and the UK, Pavan S, Øverup CS, Hald GM, Journal of sex research, lu le 25 octobre 2026
  3. Women's Experiences With Genital Touching, Sexual Pleasure, and Orgasm: Results From a U.S. Probability Sample of Women Ages 18 to 94, Herbenick D, Fu TJ, Arter J, Sanders SA et al., Journal of Sex & Marital Therapy 44(2):201-212, lu le 24 octobre 2026
  4. Dimensions of couples' sexual communication, relationship satisfaction, and sexual satisfaction: A meta-analysis, Mallory AB, J Fam Psychol 2022, lu le 24 octobre 2026

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